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Convocatoria 2008

 
 
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  Commentaires de Rogelio Martinez  
     
 

Rien de plus difficile que de tenter de donner une explication sur l'Afrique, ce continent berceau de l'humanité où notre espèce se mit debout pour la première fois, quitta les zones forestières, pénétra les plaines herbeuses et à partir de là, a commença la colonisation et la conquête du reste des continents. Rien de plus difficile -je répète- que d'expliquer synthétiquement ce que représente un continent dont voilà plus de deux millénaires, le naturaliste romain Plinio le Vieux dit : « Ex Africa semper aliquid novi »  : de l'Afrique surgit toujours quelque chose de nouveau. Vérité valable encore de nos jours, au début XXI ème siècle.

L'Afrique nous révèle toujours quelque chose d'inédit de son visage ancien et sage. Ses peuples possèdent une histoire riche qui montre ses apports extraordinaires au développement de la civilisation, l'Afrique « multiple et une » comme a écrit Aimé Césaire, le poète martiniquais et universel, l'Afrique depuis la Méditerranée au cap de Bonne Espérance, depuis le cap Guardafui à l'archipel du Cap-Vert, là, comme j'ai déjà dit, surgit notre espèce il y a plus de cinq millions d'années, mais c'est là aussi que fut créé le premier État unifié connu : l'Égypte, où surgit la première religion monothéiste : le culte d'Aton, et postérieurement autres grandes civilisations et cultures se sont développées telles Napata et Méroé, Numidie, Carthage, Aksoum, Ghana, Mali, Songhay, Ife, Monomotapa, Swahili entre autres.

Les traditions orales, littéraires, musicales et les arts plastiques constituent un important héritage de l'Afrique ancienne.

Malheureusement, peu sont encore dans nos pays ceux qui connaissent tout ce grand patrimoine en raison de l'héritage aliénant de l'eurocentrisme. Séquelle de la domination coloniale et néocoloniale, protéique dans ses masquages.

Je considère très important que le prochain CUBADISCO 2008 honore l'Afrique, ses musiques traditionnelles et contemporaines, ainsi que celles de sa diaspora en Amérique.

Le Cuba d'aujourd'hui a toujours exalté ses racines culturelles, son identité profondément caribéenne, et il serait une opportunité extraordinaire pour notre peuple de constater les profonds liens historiques et culturels, en l'occurrence la musique, qui met en rapport l'Afrique, la Caraïbe et l'Amérique continentale. Ça nous aidera a prendre encore plus de conscience de la nécessite de sauvegarder nos identités et patrimoines culturels face aux pièges de la globalisation néolibérale. Comme dit un ancien proverbe africain : « Nous ne devons pas oublier nos origines car le futur est plein de beaucoup d'imprévus ».

Telle une rivière aux eaux toujours renouvelées, il faut considérer la musique africaine, ancienne et contemporaine, et celle de sa diaspora non seulement en Amérique mais aussi en Europe où résident bien des Africaines et leurs descendants.

Je considère, sans aucun doute, qu'un contact plus soutenu avec la nouvelle musique africaine et celle de sa diaspora, ainsi que la connaissance plus approfondie de la nôtre traditionnelle, apporteront de nouveaux bouffés d'air frais et rénovateur à beaucoup de domaines de la musique populaire dansante cubaine et de toute notre musique en général.

Ce prochain CUBADISCO 2008 sera une alléchante invitation à mieux nous connaître.


Rogelio Martínez Furé.